La ruée vers Laval

La ruée vers Laval

Laval a deux sœurs homonymes, la « préfecture laitière » de la Mayenne et la 3e cité la plus peuplée du Québec abritant la célèbre université éponyme. A Laval-en-Belledonne, il n’y a donc pas de représentants de la nation iroquoise dans la forêt (et il y en a plus de 500 ha !) et la production de lait n’y a jamais été qu’une activité familiale, celle des éleveurs de montagne. Laval est un splendide village de Belledonne à quelques tours de roues de la ville, recherché pour son cadre de vie. La population y a d’ailleurs quasiment doublé depuis 1990, passant de 525 à près de 1 000 habitants.

Laval est un village de montagne, mais une des communes du balcon de Belledonne parmi les plus accessibles. Sa route d’accès, que l’on « attaque » depuis Froges (D286) ou Brignoud (D528), permet de se rendre au bourg-centre en moins de six minutes. Sans doute cette facilité d’accès explique-t-elle en partie le développement de sa population. Celle-ci est passée de 525 Lavallois en 1990 à 986 en 2014. Une population caracté- risée aujourd’hui par un brassage sociologique équilibré entre des Lavallois de cœur, bobos- écolos-montagnards tombés en arrêt devant les paysages de Belledonne et des Lavallois de souche, issus en grande partie de familles historiquement liées à l’agriculture, l’élevage et la forêt, propriétaires des terrains. Le maire actuel, Sébastien Eyraud, fait partie de la première caté- gorie et il est assez soucieux de cet équilibre. La société lavalloise est accueillante pour les nouveaux arrivants, mais attentive au respect de l’identité et des ancrages montagnards du village. Ici l’automobiliste lambda salue le conducteur de tracteur, c’est une image qui traduit bien le « vouloir vivre ensemble » de Laval. La municipalité organise dès qu’elle le peut des manifestations favorisant l’intégration, la compréhension, les échanges. Et pour tous, en partage : un cadre de vie exceptionnel, un balcon sur le Grésivaudan avec une vue imprenable sur la Chartreuse, un bourg-centre à quelques encablures de la ville et de ses commerces (Brignoud et Crolles), à 10 mn de l’autoroute, une demi-heure de Grenoble et quarante minutes de Chambéry.

Le territoire d’une grande. Laval est la 10e plus grande commune du Grésivaudan, répartie en 13 hameaux sur un peu plus de 25 km2 (la plus grande est La Ferrière avec plus de 54 km2 et la plus petite est La Flachère avec moins de 3 km2). Le bourg de Laval est situé à 630 m d’altitude et le point culminant du village est commun à La Ferrière et Allemond (Romanche) : la Dent du Pra (2 623 m).

Une commune agricole. D’ici 2020, tous les agriculteurs lavallois (8 exploitations) devraient avoir transmis leur ferme à leurs descendants. Il y a donc un renouvellement de la population agricole. C’est très positif. L’agriculture est dynamique, avec un marché de producteurs le mardi au bourg et un marché local qui se relance à Theys. Il y a des débouchés pour les produits locaux, à l’image des yaourts de la ferme Rebuffet qui sont livrés au collège de Villard-Bonnot et jusqu’à Grenoble. La population du balcon est friande de ces produits de filières courtes.
En 50 ans l’agriculture a quand même perdu la moitié de ses surfaces agricoles : 330 ha ont été grignotés par la forêt et 30 absorbés par l’urbanisation. Néanmoins, le PLU de Laval (plan local d’urbanisme), qui a mis neuf années pour être élaboré (!), lui est favorable. De plus, il existe aujourd’hui un projet consistant à identifier dans les zones conquises par la forêt les parcelles qui pourraient potentiellement redevenir agricoles, soit une trentaine d’hectares. Avec l’appui du Grésivaudan, de l’Espace Belledonne et de la Chambre d’agriculture, 2 ha appartenant à des propriétaires forestiers devraient bientôt redevenir agricoles et 6 autres hectares devraient bénéficier du même processus. Un projet structurant à moyen et long terme.

Pas riche ! Laval figure parmi les 10 communes les moins riches du Grésivaudan. Son budget de fonctionnement s’équilibre à environ 700 000 €. A l’instar d’autres « poucets » du Grésivaudan, Laval compte aujourd’hui avec le soutien de l’intercommunalité.

L’école fait le plein. Il y a 105 enfants scolari- sés dans le village, soit plus de 10% de la popu- lation. Ils sont répartis dans 4 à 5 classes mater- nelles et primaires.

Vivre à Laval, c’est possible ! Le village a du potentiel en foncier à bâtir. Mais comme il a compté jusqu’à 1 200 habitants il dispose éga- lement d’un potentiel construit significatif, avec des granges désaffectées, des maisons qui méri- teraient d’être réhabilitées…

Avec qui la fusion de demain ? Avec Froges, Champ-Près-Froges et La Pierre, cela donnerait une commune de 6 090 habitants. Une fusion avec seulement Laval et Froges, 4 313 habitants. Reste que Laval est frileuse à l’idée d’être absor- bée par une commune trois fois et demie plus grande. Alors, pourquoi pas avec Les Adrets, SteAgnès, Saint-Mury : 2 868 habitants ? Voire une commune à l’échelle du balcon de Belledonne ? Oui, mais cette fois, la difficulté tient tout sim- plement aux reliefs de la montagne. A suivre…

Laval engagée dans la transition énergétique
L
e concept de transition énergétique, créé en Allemagne dans les années 1980, fait passer progressivement d’un système énergétique basé essentiellement sur les énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz naturel, matières radioactives, par nature limitées), à des sources énergétiques moins centralisées, diversifiées et renouvelables (éolien, solaire, hydraulique, géothermique, marémotrice, biomasse, etc.). C’est notre avenir. Le Grésivaudan est quant à lui un territoire historiquement lié à la maîtrise de l’énergie naturelle. « Il a cela dans ses gènes », dit Sébastien Eyraud, maire de Laval, qui rappelle que c’est dans sa commune qu’est née l’hydroélectricité, « la première centrale du monde a été conçue ici, c’est la centrale de Loury (1904). » Logique, donc, que le Grésivaudan soit engagé dans cette transition énergétique, comme le rappelle Francis Gimbert, président de la communauté de communes Le Grésivaudan dans l’éditorial de G L’Info de mars. Et de rappeler que les ressources ici ne manquent pas, le bois et le soleil notamment. D’où une politique active d’incitation des habitants à opter pour des modes de chauffage au bois performants et moins polluants et l’équipement de toitures solaires thermiques. Avec un maire occupant un poste clé à l’ASDER (Association Savoyarde pour le Développement des Énergies Renouvelables), Laval ne pouvait être qu’une « bonne élève » dans cette transition. Avec d’autres communes de Belledonne, Les Adrets, Sainte-Agnès, Saint-Mury, elle soutient un projet de création d’une centrale photovoltaïque citoyenne : des habitants, des collectivités et des entreprises s’unissent pour produire ensemble de l’énergie renouvelable sur le toit de bâtiments publics ou privés. Tout citoyen peut s’impliquer en participant au capital de la centrale et/ou en louant une partie de sa toiture s’il est propriétaire1. Mais ce n’est pas tout : « Grâce à son potentiel naturel, la commune compte déjà 4 centrales hydroélectriques et une cinquième est en projet. Comme nous produisons plus d’énergie que nous n’en consommons, nous la partageons avec le territoire. Mais chacun sait que la meilleure énergie est celle que l’on ne consomme pas ! C’est pour cette raison que nous avons entrepris un certain nombre d’actions de suivi de consommation et de rénovation énergétique de nos bâtiments publics. Une borne de recharge pour véhicules électriques vient d’être installée et notre projet de chaufferie bois, pour alimenter la mairie et l’école, sera prochainement effectif. Pour réduire notre facture d’électricité, nous faisons partie des communes qui procèdent à l’extinction nocturne de l’éclairage public entre minuit et 5 h. Economie : 2 600 € / an. Et dans 3 salles de classe et une partie de la cantine scolaire nous avons fait installer des lumières LED moins gourmandes en énergie. Ce système offre plus de confort aux enfants car il est possible de varier l’intensité et de créer une ambiance qui s’adapte aux activités pédagogiques. » Laval est sur la bonne voie…
¹ + sur : gresi21centralesvillageoises.wordpress.com

Dans l’aval des décisions


La sauvegarde de l’église Saint Etienne : une urgence

Datée des XIe et XIIe siècles, inscrite au titre des monuments historiques, elle comporte une fresque de la « Vierge de Miséricorde » datée du XVIe siècle (vierge au manteau). L’église a failli s’effondrer en 2015. Sans la vigilance des employés communaux, la toiture serait peut-être tombée. Elle est fermée au public depuis. 700 000 € de travaux sont prévus cette année au budget sur l’église, l’équivalent du budget de fonctionnement de la commune. Les travaux concerneront la réfection de la charpente et de la couverture, des reprises au niveau des structures et une restauration intérieure.

Salle des fêtes… dans l’école
La commune a prévu des travaux importants dans le complexe écolemairie avec un triple objectif : -mise en accessibilité handicapés du bâtiment.
-remplacement du système de chauffage par une chaudière à gra- nulés bois.
-réaménagement de la plus grande salle disponible à Laval située dans l’école, pour en faire une salle des fêtes. On pourra y accueillir 300 personnes.

Les voisins d’abord
C’est une manifestation chez l’habitant. Le principe est d’accueillir des spectacles (de bonne qualité) à la maison et d’inviter ses voisins et un peu plus largement autour de soi. L’idée est bien évidemment de cultiver le lien social, le « vivre ensemble », la culture des échanges. Cela se passera dans tous les hameaux, entre mars et juin. Douze dates sont envisagées. L’ensemble des hameaux est concerné avec un ou plusieurs accueillants. Clôture de l’événement le samedi 10 juin au bourg avec « Les Chatoyantes » dans « le disque usé ». De l’humour musical et un bon moment en perspective ! Spectacle ouvert à tous.

Des sentiers qui relient les hameaux et les villageois

Avec toujours à cœur cette idée de vivre ensemble dans un village de montagne, et pour relier les nouveaux habitants et les anciens, cette idée d’entretenir ou de rouvrir des sentiers entre hameaux. Des sentiers qui jadis étaient empruntés tous les jours et qui peu à peu, se sont refermés sur eux-mêmes.

Montfallet

Laval recèle un patrimoine riche, dont la tour de Montfallet fait partie. Elle date de l’époque des invasions, quand le Graisivau- dan se hérissait de maisons fortes, de murailles épaisses et de tours aux meurtrières défensives. Des hommes en armes y montaient la garde, se relayant tour à tour, scru- tant tout le jour les chemins de la vallée, mais aussi le cours de l’Isère sur laquelle une embarcation arri- vant de Savoie pouvait rapidement glisser et faire débarquer des mer- cenaires. Les froides nuits d’hiver, se chauffant directement aux flammes d’un brasero de fortune, les gardes attendaient fébrilement les premières lueurs du jour, avec l’espoir qu’aucune escouade em- busquée ne viendrait nuitamment les déloger… La Tour de Montfallet semble être une des plus anciennes constructions médiévales de l’Isère, peut-être érigée au XIIe siècle, aujourd’hui protégée en tant que monument historique. En 2010, la municipalité a entrepris des travaux de mise en sécurité et restauration subventionnés par le conseil général de l’Isère, la DRAC et la Communauté de communes Le Grésivaudan.

Loury

ÀÀ l’occasion des dernières Journées européennes du patrimoine, la commune de Laval a proposé des visites exceptionnelles de la centrale troglodyte de Loury. Encastrée dans les gorges du ruisseau de Laval, cette centrale hydroélectrique est aujourd’hui dé- saffectée. Bâtie en 1906 par Maurice Bergès, le dernier fils d’Aristide, elle est le témoin de l’époque florissante de la production de houille blanche. Du fait de l’accès difficile de l’édifice, les visites étaient encadrées et sur réservation auprès de la mairie. Pour ceux qui ont eu l’opportunité de la visiter, ce fut une découverte assez extraordinaire. Espérons qu’il y en aura d’autres…

Un maire qui aurait pu devenir président !

Tous les figures des maires de Laval, depuis 1878, sont affichée dans le bureau du conseil municipal. Une façon de rendre hommage à ceux qui ont donné de leur temps et de leur énergie pour leur commune. Parmi eux, un ministre : Joseph Paganon (1880 – 1937). Fils de Marie et d’Alexandre Paganon, originaires de Laval et instituteurs à Vourey, Joseph naît le 19 mars 1880. Montrant très tôt des dispositions pour les études, il sort lauréat de l’école de Physique et de Chimie et devient ingénieur chimiste aux usines Poulenc. En 1906, il effectue ses débuts en poli- tique dans le cabinet du ministre de l’Agriculture. Tout juste âgé de 28 ans, il est nommé conseiller du commerce extérieur en 1908. En 1917, Joseph Paganon est rappelé auprès du ministre de l’Agriculture. Officier, il est également attaché militaire de Georges Clémenceau. Nommé chef de cabinet par le ministre de l’Agriculture, il revient à ce poste en 1918. Il devient maire de Laval en 1919, puis député en 1924, conseiller général de Goncelin en 1925. En 1935, il entre au Sénat.
Nommé ministre des Travaux pu- blics en octobre 1932, il conser- vera ce poste jusqu’en février 1934. En mai 1935, il devient ministre de l’Intérieur. « On loue sa sou- plesse, sa patience et son habileté déployées au cours des manifes- tations de rue. » Comme ministre des Travaux publics, il réorganise le réseau routier, classant 40 000 km de routes dans le réseau national. II fait engager les travaux des bar- rages du Chambon et du Sautet et obtient les crédits pour la création et l’amélioration des routes touristiques, les accès à l’Alpe-d’Huez, au Villard-Notre-Dame et la liaison d’Uriage à Allevard dite route du « Balcon de Belledonne ». En 1937, alors que les gouvernements se succèdent de crise en crise, on veut nommer le sénateur de l’Isère ministre d’Etat chargé de la réforme constitutionnelle. S’il réussit dans sa mission, il a le pied à l’étrier pour accéder à la tête de l’Etat. Mais le destin lui choisit une autre voie… Joseph Paganon décède le 1er novembre 1937.

En bref
Est-ce plus difficile de gérer une grande commune, qu’une petite ?
Le maire de Laval qui s’était vu poser la question a répondu en citant un de ses collègues, l’ancien maire de Curienne (Bauges), Xavier Bolze qui disait : « Je suis le maire d’une petite commune (673 habitants), mais je reçois autant de circulaires administratives que le maire de Chambéry, sauf que moi je n’ai pas les services pour les traiter. Nous avons beaucoup d’impositions, et vraiment peu de moyens. L’Etat recule. »

Laval est un palindrome
Le nom de cette commune de montagne se lit en montant comme en descendant, en partant de la droite comme en partant de la gauche, bref dans les deux sens !

À des enfants : « On peut faire beaucoup à l’échelon local, il faut s’engager »
Le maire : « Ce qui me fait un peu peur – c’est ce que j’ai dit à des enfants que je recevais – c’est que l’on vit une époque où il y a peu de confiance dans la politique, or j’aimerais que les gens comprennent que les élus locaux ne font pas de la politique. On peut faire beaucoup à l’échelon local et il ne faut pas renoncer. J’ai dit aux enfants : quand vous aurez 18 ans, vous irez voter. Et si vous n’êtes pas d’accord, vous mettrez un bulletin blanc. C’est un message important, l’engagement citoyen, il faut y réfléchir et il faut y venir. Je suis content qu’à Laval, 45 personnes se soient portées volontaires aux dernières élections municipales, pour administrer la commune. Il faut pousser les gens à s’engager. »

a 40 ans, il est donc le plus jeune maire du Grésivaudan. Il a été élu en 2014, succédant à Christine Joy.
Originaire d’une petite commune au Sud de Lyon, Solaize, le long de l’autoroute A7, il s’est établi à Laval voici 11 ans, où il a acheté un terrain et fait construire sa maison, « avec du bois des forêts environnantes », précise-t-il. C’est une vie à la montagne qui a attiré Sébastien Eyraud en Isère. Ce qui a marqué ce père de famille de trois enfants (trois filles) et son épouse, en arrivant ici ? « L’accueil des habitants, notamment des anciens. Ils nous ont raconté leur village, nous ont donné des coups de main lorsque nous nous sommes installés, cela nous a touchés. » Aujourd’hui, les nouveaux arrivants sont accueillis par la municipalité. Cette réception est devenue une tradition, elle permet de présenter la commune, les associations et d’établir le contact avec les élus. L’intégration n’en est que facilitée.

Ingénieur matériaux de formation, diplômé de l’INSA Lyon (Institut National des Sciences Appliquées), passionné de musique et de sport, Sébastien Eyraud pratique le ski-alpinisme et la randonnée en Belledonne. Il se souvient que durant ses trois années de formation à l’INSA, il avait même développé un projet d’expédition à la fois sportif et environnemental en Himalaya, avec l’objectif d’atteindre le Broad Peak et ses 8 047 m, dans la chaîne du karakoram (Pakistan). Si il n’a pu atteindre le sommet de la douzième montagne la plus haute du monde, devant renoncer à 7 700 m d’altitude en raison de mauvaises conditions météorologiques, le volet environnemental a été une réussite. Il s’agissait de nettoyer les camps de base des expéditions passées transformés après le départ des alpinistes « en gigantesque déchèterie » (sic). « Ces déchets qui s’amoncellent en haute montagne mettent les écosystèmes en danger… nous voulions réagir » se souvient Sébastien Eyraud. Et pour nettoyer le camp de base du Broad Peak, son équipe a mis en place et utilisé un four inciné- rateur d’altitude associé à un compacteur de déchets.
C’est à la même époque que Sébastien Eyraud est embauché dans une entreprise du groupe Schneider, C.E.V., à Privas (Ardèche) qui fa- brique des onduleurs. Puis, à 25 ans, il est chargé de construire l’usine S.E.R. à Méry, près d’Aix-Les-Bains, pour MGE-UPS. Il en devient le responsable de production, à la tête d’une cinquantaine de personnes. « C’est une de mes plus belles aventures professionnelles », souligne-t-il. Puis Schneider change de straté- gie et délocalise l’usine en Inde. La pilule est dure à avaler et Sébastien Eyraud décide de quitter le groupe et prend le virage de la tran- sition énergétique et des énergies renouve- lables. Il reprend une formation à l’Association Savoyarde pour le Développement des éner- gies, puis dirige l’année suivante sa propre for- mation avant d’être affecté dans un service de l’ASDER, où il accompagne les collectivités et les territoires dans la transition énergétique. « Je suis vraiment convaincu que l’on peut par- venir à faire évoluer nos modes de production et de consommation de l’énergie vers plus de décentralisation et de proximité des habi- tants ; faire évoluer la société avec moins de logique capitalistique et davantage de logique de partage », estime-t-il. On pourrait penser que Sébastien Eyraud est écologiste ? « Je n’ai de carte dans aucun parti », répond-t-il, « je n’ai pas d’étiquette et n’ai donné ma signature à aucun candidat aux présidentielles. Je ne me considère pas comme un homme politique, mais comme un élu de proximité. » Il ajoute : « Je ne connais pas précisément les tendances politiques de mes collègues conseillers municipaux à Laval, même si j’ai mon idée… Je pense que dans une commune, c’est la diversité qui fait l’action de terrain et qui répond à des problématiques de terrain. » Nous revenons sur la question de l’écologie, il conclut : « Je considère qu’elle ne se limite pas à un parti, comme la qualité ne se limite pas à un service dans une entreprise, c’est l’affaire de tous. L’écologie c’est beaucoup de bon sens et beaucoup de développement local, c’est audelà des clivages politiques…»

Au conseil municipal il y a quinze élus, le maire compte avec tous dont deux anciens ayant déjà quatre ou cinq mandats derrière eux, car s’il faut aller de l’avant, il faut le faire en sachant d’où l’on vient… Pour pouvoir assumer sa charge de maire également investi dans l’intercommunalité et dans le Syndicat des Energies de l’Isère (SEDI), Sébastien Eyraud a choisi le mi-temps professionnel.