Noisettes sous la dent

Noisettes sous la dent

Les dernières noix sont au séchage, les potirons récoltés au frais, il est temps de penser plantation d’arbres et pourquoi pas fruitiers, remplacer certains sujets en fin de production, et en tailler d’autres avant l’hiver. De quoi s’occuper dans les jardins de la vallée !

Une année à noisettes
La production de fruits est bien souvent différente d’une année à l’autre. Les conditions climatiques sont bien sûr la première cause de ces variations comme les gelées printanières ou l’ensoleillement. Cependant, pour les pommiers par exemple, on assiste très souvent à une alternance due à l’évolution variable des bourgeons floraux. C’est un cycle naturel posant encore quelques questions aux scientifiques mais on peut constater qu’une forte production de fruits va limiter la formation des bourgeons à fleurs pour l’année suivante. C’est une sorte de concurrence déloyale, les fruits étant par principe très « gourmands » en éléments nutritifs et semblant produire aussi trop d’hormones inhibitrices pour les bourgeons floraux. Je vous conseille donc un éclaircissage annuel des fruits, proportionné à la taille des arbres, un bon remède pour obtenir une production pluriannuelle régulière. Du côté des noisettes, cette année fertile laissera sans doute la place à une année 2017 de faible production. Avis aux écureuils : stockez !

Tailler les noisetiers
A chaque taille fruitière, des rameaux porteurs de bourgeons à fleurs sont supprimés, réduisant d’autant la production l’année suivante et les effets positifs ne se feront donc sentir que deux ou trois ans plus tard. Si la taille de vos noisetiers s’impose, je vous propose dans un premier temps un nettoyage de rajeunissement cette fin d’automne, surtout sur des vieux sujets à production en régression. Vous supprimerez d’abord trois à cinq grosses branches au niveau du sol. Une fois le noisetier aéré, il sera plus facile de réduire en longueur les branches restantes d’au moins un tiers de leur longueur. Cette taille permettra la formation de nouvelles branches de remplacement et pourra se renouveler par tranche tous les cinq ans par exemple. Une taille plus affinée en février consistera à favoriser la formation de petites branches latérales en taillant les rameaux restants, jeunes, parfois vigoureux qui vont alors se ramifier et former davantage de fleurs. Il faudra bien observer les rameaux et préserver les porteurs de fleurs femelles, ces dernières étant peu visibles sauf en fin d’hiver grâce à leurs stigmates bien rouges. Enfin, une taille pendant l’année de végétation permettra d’harmoniser les croissances parfois désordonnées des rameaux.
Je vous conseille par ailleurs de planter au moins deux pieds de noisetiers pour améliorer la production. Une trentaine de variétés est disponible dans le commerce, dont certaines résistantes aux maladies comme la bactériose. Le noisetier a en effet une floraison unisexuée, monoïque, fleurs mâles et femelles sont séparées sur le même sujet et la fécondation, assurée essentiellement par le vent, sera améliorée si les plants ne sont pas solitaires.

Abriter la faune utile cet hiver
Tas de bois, murets, abris insectes vont permettre à tous les auxiliaires du jardin de résister au froid pour assurer l’an prochain l’équilibre écologique du jardin. Pari ces refuges, le plus simple est le tas de bois abritant les hérissons mais aussi d’autres petits mammifères, des insectes et parfois des batraciens. Dans ce type d’abri contre les intempéries hivernales, l’atmosphère est réchauffée grâce à la décomposition de la matière organique. Rien de plus simple à réaliser : un peu de feuillages sur le sol, des cavités à l’aide de branchages grossiers puis d’autres plus fins et pour terminer une couche d’herbes et de feuilles comme toiture.

La plante du mois : le kaki
Le Diospyros kaki ou plaqueminier kaki de son nom commun, est un arbre de la famille des ébènes (Ebenacées). Son nom d’espèce provient du japonais, rien à voir avec la couleur du fruit bien sûr qui est d’un orange très vif. Il se développe très bien dans le Grésivaudan où des vieux sujets ont bien résisté aux hivers rigoureux précédents. Sa particularité vient de son fruit très décoratif mais astringent, non consommable avant d’avoir subi une gelée ou un passage au congélateur. Seules quelques variétés dont « Fu yu », pomme kaki, peuvent se consommer début novembre, craquantes comme une pomme ou bien encore avec des fruits juste blets.

Question d’une fidèle lectrice
Michèle de Theys, se pose la question de la qualité racinaire des arbres et de la période la plus favorable pour leur plantation.
Rien ne vaut un arbre caduc à racines nues s’il a bien été transplanté en pépinières, plusieurs fois selon sa dimension. Au-delà d’une certaine « force » du tronc, la motte s’impose alors. Dans tous les cas, la plantation d’automne est toujours préférable à celle de fin d’hiver.

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Les stigmates rouges permettent de repérer les fleurs femelles du noisetier en février. Photo C. DIRWIMMER

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Pomme Kaki en octobre. Photo ABACA-Végétal

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