Mon beau sapin…

Mon beau sapin…

Une chronique sous le signe des conifères ou résineux, une catégorie d’arbres souvent rencontrée au détour des chemins forestiers et plus près de nous, ornée de guirlandes pour les fêtes de fin d’année…

Conifères régionaux : du vert au jaune.
Parmi les arbres résineux de nos forêts, l’Épicéa (Picea abies en latin) est le plus courant. Planté en abondance par les forestiers, il est au cœur du label national « Forêt d’exception » pour celle de la Grande Chartreuse et permettra bientôt par ses qualités l’obtention d’une appellation d’origine contrôlée (AOC bois).

Cet arbre aux cônes pendants est à distinguer du sapin (Abies alba ou pectinata, Abies nordmaniana…) qui présente des cônes dressés, donc facile à reconnaître sur des sujets âgés. Épicéas et sapins sont bien sûr cultivés comme arbres de Noël, on appréciera surtout les sapins ayant tous, une fois coupés, l’avantage de garder leurs aiguilles.

Dans certains secteurs de nos montagnes, vous pourrez aussi rencontrer quelques mélèzes, un des rares conifères à feuillage caduc, jaune doré à l’automne, bien que plus présents dans les secteurs montagneux du sud des Alpes. Enfin, les pins sont des conifères bien représentés avec le pin sylvestre qui donne un petit côté méditerranéen aux coteaux du Grésivaudan côté Chartreuse et le pin à crochets qui encadre les pistes de ski de la station de Chamrousse.

Replanter un sapin de Noël
La question se pose bien souvent sur la possibilité de plantation de ces arbres une fois les fêtes terminées. La reprise de ces végétaux n’est vraiment assurée que si vous les avez achetés en conteneurs bien sûr mais surtout s’ils ont été cultivés dans ces pots pendant plusieurs années, favorisant ainsi le système racinaire. Attention, trop souvent les arbres de Noël sont des « mottes calées » en pot, c’est-à-dire des arbres arrachés fraîchement et tassés dans un conteneur avec donc peu de racines. Les mottes de ces végétaux sont de plus très fragiles, risquant de se casser, empêchant ainsi la reprise. La plantation en motte s’impose en effet comme pour toute plante à feuillage persistant. Enfin, ces arbres vont un peu souffrir de l’atmosphère sèche des habitations car ils auront subi un stress hydrique rendant difficile le redémarrage. Si vous tenez absolument à replanter votre conifère, pensez au moins à maintenir la motte humide par un arrosage régulier et assurer la reprise par un apport de terreau forestier.

Que deviennent ces conifères dans les jardins ?
Un résineux forestier est un grand arbre, il lui faudra de la place pour se développer. A réserver donc pour des grands espaces et si possible hors des axes de vue car trop de conifères sont élagués quinze ou vingt ans après leur plantation avec une perte réelle de leur qualité esthétique. Enfin, comme en forêt, le résineux renouvelle ses aiguilles très utiles dans un sol calcaire pour acidifier un peu le sol. Mais cet intérêt, cumulé à un fort ombrage ne vous laissera que peu de choix pour des plantations à proximité. Vous pourrez toutefois installer dans votre jardin des conifères aux qualités esthétiques souvent remarquables mais de petite dimension. De nombreuses espèces et variétés sont bien adaptées aux petits jardins, aux talus ou aux aménagements plus « japonisants ». Liste à retrouver sur le site abaca-vegetal.com

Osez donc les conifères mais en les choisissant bien !…

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