L’or bleu du Grésivaudan

L’or bleu du Grésivaudan
Grésivaudan, un nom d’origine celte a la sonorité particulière, effectivement son étymologie nous laisse à penser qu’il désigne une rivière tumultueuse coulant sur des cailloux, des galets et des graviers que le courant remue bruyamment. Le Grésivaudan, une vallée qui n’a pas laissé indifférent le Dauphin de France, futur roi Louis XII : « le Grésivaudan, le plus beau jardin du plus beau pays de France », disait il.

De l’adret de ce pays du Grésivaudan, je ne me lasse pas de contempler ce paysage somptueux que tant de visiteurs nous envient. Le regard s’appuie sur l’aplat de la vallée, puis circule de versant en versant de l’adret surplombé par les puissantes murailles qui ceinturent la Chartreuse pour rebondir sur les collines de l’ubac situées aux avant-postes du massif de Belledonne, dont les sommets enneigés tutoient le ciel. En approfondissant la lecture de ce paysage magistral, un retour sur son évolution s’impose, évolution géologique, évolution historique et contemporaine. Première constatation, le Gré- sivaudan a une organisation, une structure, entièrement façonnée par l’eau, ce sculpteur de génie!

Quand 1,5 km de glace recouvrait le Grésivaudan, bien avant Isara, la « rapide »…

Il y a 260 000 ans, deux glaciers envahissent cette région fortement bousculée par le plissement alpin, l’épaisseur de glace est évaluée à un kilomètre et demi. Le réchauffement postglaciaire laisse découvrir une vallée au profil en U si caractéristique des vallées alpines. Des lacs immenses commencent à occuper le fond, puis arrivent des volumes sédimentaires gigantesques charriés par un cours d’eau surpuissant : l’Isère, « Isara la rapide », nommée ainsi par les anciens. La rivière torrentielle est accompagnée dans son dynamisme de géante d’eaux vives et de pierres, par des torrents qui précipitent leurs eaux de tous les versants. Chaque torrent entaille profondément collines et falaises. Comme des coups de sabres répétés régulièrement le long de la vallée, la signature visuelle de ces gorges confère à ce paysage, un rythme, une harmonie particulière comme celle d’une partition de musique. Ainsi, le fond de la vallée, et l’ensemble de ses versants jusqu’aux plus hauts sommets sont totalement solidaires sur les plans, structurel, visuel et sur le plan fonction- nel, l’eau en est le lien primordial. Dans cette région du Grésivaudan, les hommes présents depuis la préhistoire, ont vécu avec l’eau et grâce à l’eau. L’Isère et ses affluents ont nourri, abreuvé hommes et bêtes, fait tourner les innombrables moulins qui battaient le fer moulaient les céréales, broyaient les noix, cardaient la laine etc., a fourni les matériaux, les gra- viers, les sables et l’argile destinés aux tuile-ries, si nombreuses dans la vallée. Combien de bate- liers et de radeliers l’Isère n’a-t-elle pas porté et sans doute fait sombrer aussi avant qu’ils n’at- teignent le Rhône. La carte de Cassini (page 12) nous offre un paysage du Grésivaudan au XVIIIe siècle. Ce paysage est très réaliste et met en évidence la rivière torrentielle qui propulse son fluide nourricier à travers une formidable résille de voies d’eau de chenaux, si proche de l’anatomie d’un système veineux, et, c’est bien cela un cours d’eau, un super organisme vivant, un grand corps mouvant sans cesse en évolution de sa source à sa confluence. Au XVIIIe siècle l’Isère est une rivière libre qui divague dans toute la largeur de sa vallée, les habitants connaissent les crues dévastatrices de la rivière dont ils se mé- fient mais en en contre partie, ils en apprécient les sédiments qu’elle dépose, et la multitude de services qu’elle fournit.

L’Isère et ses affluents forment ensuite un grand système veineux qui irrigue toute la vallée

Le XIXe siècle fait basculer le paysage marqué à la fois par la déprise agricole et la Révolution industrielle qui dans le Grésivaudan est particulièrement précoce. Grâce au génie d’Aristide Bergès : l’eau devient « industrieuse », l’hydroélectricité est née. A cette époque les Alpes sont en surpopulation, le bois reste une source d’énergie importante, mais il vient de la montagne, tous les versants sont cultivés. A cette époque le dé- boisement des pentes s’intensifie et les consé- quences en sont terribles, les crues torrentielles font des ravages à l’aval. Dès 1860 les ingénieurs forestiers créent le service de restaurations des terrains en montagne, des ouvrages d’art sous forme de barrages en pierres taillées arment les hauts bassins, des plages de dépôt piègent l’énorme charge minérale arrachée à la mon- tagne par les eaux torrentielles. Dans la vallée aussi les débordements de l’Isère sont de plus en plus contrôlés et maitrisés. La construction des digues commencée au siècle précédent se poursuit au XIXe siècle. Une amorce de drainage apparaît avec le creusement des chantournes qui délimitent des parcelles dont les usages sont très variés, certaines dévolues à la culture du chanvre restent en eau pour permettre le rouissage de la plante. Les chemins dessinent des accès éphémères sur lesquels circulent les charrettes des maraîchers, les attelages qui transportent le foin de marais, les troupeaux qui viennent pâturer les herbes dures des prés humides. De rares parcelles de céréales peuvent se nicher entre quelques levées de terre. A cette époque la faune était abondante : cervidés, sauvagine (échassiers et autres oiseaux d’eau), sangliers, grenouilles offraient une source d’appoint aux habitants.

 

L’endiguement de l’Isère a permis d’envisager la construction des voies de transport, mais c’est tout l’écosystème qui s’en est trouvé modifié

L’endiguement de l’Isère est de plus en plus efficace, la vallée devient plus sécurisée, il est désormais possible d’envisager la construction des voies de circulation : voies de chemin de fer, routes. La traversée du Grésivaudan devient un axe de communication essentiel. L’Isère n’apparait plus comme une rivière sauvage, elle est désormais sévèrement corsetée, les voies de communication l’enserre de près. Peu à peu, les connivences étroites de la vallée avec ses affluents et ses proches versants s’effacent, l’organisation originelle transversale de versant à versant est remplacée par une logique d’aménagement longitudinale. De façon concomitante, la circulation de l’eau dans l’ensemble du système « rivière-vallée » est profondément modifiée. Le fonctionnement de l’écosystème rivière est lui aussi perturbé, ce cours d’eau à fond mobile, ne divaguant plus ne peut plus régénérer la mosaïque de milieux imbriqués, les bosses, les trous d’eau, les plans d’eau temporaires mi- lieux préférés des amphibiens disparaissent, les îles se raréfient. La dynamique de la rivière est perturbée, le transport de sa charge liquide et solide est insuffisant pour dissiper son énergie qu’elle utilise finalement pour éroder son fond, elle s’enfonce donc sur elle-même c’est ce que les spécialistes appellent « l’incision ». La rivière entraîne avec elle sa nappe phréatique. Le paysage végétal se modifie les espèces liées aux milieux humides saules, aulnes disparaissent au profit des espèces forestières descendues des versants voisins.

Attention à l’assèchement progressif des hauts bassins versants

Les torrents ne peuvent être isolés de la gestion de l’Isère, ils appartiennent à cet écosystème complexe que représente cette vallée alpine. On ne peut oublier que les hauts bassins versants sont les premiers producteurs de la ressource en eau. Le cycle de l’eau commence avec eux, Ils reçoivent les précipitations qui vont imprégner les pelouses d’altitude et entretenir les écoulements hypodermiques qui dessinent un réseau invisible de veines d’eau. Ce maillage serré de fils d’eau donnera naissance aux torrents qui nourriront les rivières et fleuves alpins. N’oublions pas que l’eau que l’on voit couler dans le lit d’une rivière n’offre à notre regard que le cinquième de l’eau circulante, les quatre cinquième nous sont cachés et représentent la nappe d’accompagnement c’est-à-dire la nappe phréatique. L’eau crée une solidarité absolue entre toutes les composantes de l’écosystème vallée, de la haute montagne à la plaine, la gestion de l’eau ne peut se concevoir que dans l’esprit d’une vision globale, si un maillon de cet ensemble complexe et interactif est détérioré, l’impact sera ressenti dans l’ensemble du système « rivière- vallée ». Or dans les hauts bassins, clés de voute du système, des clignotants nous alertent. Les spé- cialistes, mais également les nombreux promeneurs amoureux de la nature montagnarde recherchent les hauts bassins non aménagés de plus en plus rares, pour y retrouver les végé- taux liés à la présence de milieux humides, de petits plans d’eau parfois discrets, de pelouses humides du bord des eaux calmes ou vives, où la richesse floristique et faunistique y est remarquable. Parfois suivant la nature particulière d’un milieu, c’est une tourbière qui s’offre au regard.
Il suffit d’un chantier avec la création de dessertes routières, de travaux d’aménagement (extension de l’urbanisation, enfouissement des réseaux, création de nouveaux captages à la fois pour l’eau potable mais également pour remplir les plans d’eau d’altitude) pour que l’ensemble de ces milieux fragiles disparaissent. Ces aménagements vont sectionner ces veines d’eaux hypodermiques et de surface, ils vont fractionner le milieu naturel et provoquer la disparition de très nombreux biotopes des milieux subalpins et alpins, caractérisés par une faune et une végétation strictement inféodées à ces milieux. La deuxième conséquence est un assè- chement progressif des hauts bassins versants avec une diminution du débit des torrents qui affecte aussi celui des cours d’eaux de plaines qui en dépendent. La multiplication des plans d’eau d’altitude accroit la pression sur les hauts bassins versants. Une partie de la ressource en eau de la haute montagne devient captive dans les bassins artificiels, lesquels sont positionnés de préférence sur des zones planes rares en altitude et qui la plupart du temps sont des milieux humides du type marais ou tourbière. Pour remplir ces bassins, l’eau de pluie est rarement suffisante et des adductions d’eau sont nécessaires et souvent prises sur le débit d’un torrent qui par nature est variable ou d’un lac d’altitude dont les étiages sont de plus en plus sévères. L’été l’insolation particulièrement forte en haute montagne provoque une évaporation intense, une partie de la ressource captive s’évapore, et disparait du bilan hydrique du bassin versant. La neige de culture ne ressemble pas à de la neige naturelle, les particules projetées n’ont pas la structure étoilée et la légèreté d’un flocon de neige, arrivées au sol elles s’agrègent pour faire un tapis qui pèse sur le substrat naturel, et le compacte. La circulation des eaux de fonte se fera en surface par ruissellement mais ne permettra plus le développement des végétations originelles de milieux humides d’altitude, par ailleurs, tous ces milieux jouent un rôle d’éponge très précieux car ils retiennent de grandes quantités d’eau qu’ils peuvent restituer progressivement en période estivale, ils sont également très efficaces pour piéger des polluants qu’il s’agisse de métaux lourds, ou de particules organiques. Tous ces aménagements contribuent à faire chuter la biodiversité de la montagne et à impacter la ressource en eau à la fois dans son volume et dans sa qualité. En ce qui concerne précisément la petite région du Grésivaudan à ces divers paramètres qui pénalisent sa ressource en eau s’ajoute sur un bord de la vallée la présence d’un adret chaud et ensoleillé dominé par les hautes falaises de la Chartreuse. Ce bastion calcaire n’a pas à sa disposition de réservoir naturel si ce n’est caché dans ses entrailles. Les précipitations sont récupérées par les hauts bassins de réception des torrents et disparaissent rapidement. Ces adrets sont densément urbanisés, aujourd’hui encore la population des communes ne cesse de croître. Des réservoirs sont réguliè- rement implantés, l’eau qui les alimente vient en partie du massif de Belledonne, quel sera alors son avenir si la ressource en eau devait se raréfier ?

Réchauffement climatique ? En montagne, le nombre de mois enneigés a été divisé par deux en une cinquantaine d’année…

Parmi les clignotants qui commencent à nous alerter d’autres plus sérieux encore nous viennent du diagnostic planétaire sur le sujet brûlant du réchauffement climatique. Depuis plus d’un siècle la température moyenne de la planète a augmenté de 1°C tandis que, dans le même temps, celle des Alpes du Nord a augmenté de 2°C. Les conséquences sont déjà très perceptibles, les habitants de la vallée contemplent impuissants la fonte des dernières larmes glaciaires du massif de Belledonne !… Avec la hausse des températures en montagne, la diminution de l’enneigement est une réalité, le nombre de mois enneigés a été divisé par deux en une cinquantaine d’année. Le réchauffement de la planète, qui intervient également dans une période interglaciaire, est une réalité que confirment les scientifiques du GIEC (groupement intergouvernemental sur l’évolution du climat). La montagne est en première ligne avec une diminution annoncée de la ressource en eau. Bientôt on ne pourra plus apprendre aux élèves que les Alpes sont le château d’eau de l’Europe ! La faune et la flore évoluent aussi, les espèces de haute altitude adaptées au froid risquent de disparaitre et ont tendance à être remplacées par des espèces issues des altitudes inférieures. Sur les adrets ensoleillés les plantes d’origine méditerranéennes s’imposent désormais. En revanche les milieux humides se raré- fient très rapidement et avec eux leurs cortèges floristiques et faunistiques.
Comme l’on démontré les scientifiques du GIEC le réchauffement du climat est associé à l’avè- nement d’épisodes extrêmes, plus le territoire est artificialisé, urbanisé, fragmenté par une multitude de voies de communication, plus son hydrologie est perturbée, plus il est fragilisé, peu armé pour répondre à la violence des éléments. Les risques dans le département de l‘Isère sont nombreux, les risques liés à l’eau y sont particulièrement préoccupants et ont justifié les très importants travaux d’aménagement sur l’Isère amont dans le Grésivaudan. Le diagnostic du bassin de l’Isère a mis en évidence la fragilité des digues vieillissantes avec une probabilité de rupture, dont la conséquence serait l’inondation certaine de l’agglomération grenobloise. Un syndicat mixte a été créé pour engager la réalisation de travaux d’aménagement sur l’Isère amont destinés à ralentir les eaux de crues en les dérivant dans de vastes champs d’expansion située sur des terres agricoles et des peupleraies avec l’accord contractuel des propriétaires. L’Isère retrouve sa liberté de divagation dans un périmètre contrôlé. De tels aménagements ont été réalisés sur le Rhin et la Loire. Pour les raisons que nous avons citées, la raréfaction de l’eau douce risque à terme de faire apparaitre de vives tensions entres les usagers. Glaciers, neige, fleuves, rivières et torrents nappes phréatiques font tourner les turbines des centrales hydroé- lectriques, des barrages, des microcentrales, refroidissent les cœurs nucléaires, irriguent les cultures, approvisionnent les industries de plus en plus exigeantes quant à la pureté de l’eau, et surtout, nous procurent cette ressource vitale sans laquelle la plupart des formes de vie que nous connaissons n’existerait pas. Or la crois- sance que nous connaissons actuellement exige de plus en plus d’espace, d’espaces imperméa- bilisés, qui ne permettent pas à l’eaux de pluie de pénétrer dans le sol. L’eau n’arrive dans ses exutoires qu’à travers les canalisations d’eau pluviales. Ces eaux sont perdues pour les milieux naturels.

Cinq corridors biologiques dans le Grésivaudan

L’état s’est doté de règlementations qui tentent de redonner aux territoires des moyens de retrouver un peu de biodiversité et de compenser les effets pervers de la fragmentation de l’espace et des discontinuités, voire des ruptures des ré- seaux hydrauliques naturels. Parmi les mesures du Grenelle de l’Environnement l’une d’elle met en place le projet de poser sur les territoires un maillage de trames vertes et bleues. Il s’agit de créer des corridors biologiques représentés par des éléments linéaires naturels dans des espaces ouverts sans obstacles permettant à la faune de circuler, à la flore de se disperser librement, et à l’eau de s’infiltrer. Créer une trame bleue c’est aussi favoriser le cheminement de l’eau en veillant à ce qu’il n’y ait pas de rupture biologique tout au long de son parcours pour y restaurer la faune aquatique ainsi que l’avifaune et la flore associées. La raréfaction des milieux aquatiques est intervenue sur tout le territoire national, 50% des milieux humides ont disparu en 50 ans. Le département de l’Isère a mis en place 6 corridors biologiques sur la vallée de l’Isère dont 5 dans le Grésivaudan, avec pour objectifs de relier les 4 massifs : Belledonne, Chartreuse, Vercors et Bauges.
Ces efforts permettront ils d’inverser la courbe de l’érosion de la biodiversité sachant que, dans le département de l’Isère, 1 000 ha de zones agricoles et naturelles sont urbanisés chaque année entrainant la disparition inéluctable d’une multitude de biotopes associés. L’eau douce restera un enjeu majeur pour l’avenir, elle est plus que jamais l’or bleu du troisième millénaire, pensons à ces enfants qui viennent de naître et qui, dans leur grand âge verront très probablement le cours de l’Isère semblable à celui d’une rivière méditerranéenne, avec des parties à sec l’été. Les suisses, quant à eux, considèrent que le Rhône Suisse sera à sec en 2080 !

Marie France Dupuis-Tate le 6 janvier 2017

Ci-dessus : « Enchanté par la diversité de ses plan- tements, par les tours en serpentant qu’y fait la rivière Isère », Louis XII traversant le Grésivaudan en 1507 l’appela « le plus beau jardin du tant beau pays de France ». Enluminure de Jean Bourdichon, illustrant le récit de Jean Marot « Le Voyage de Gênes », parchemin, vers 1508, conservé à la BNF

Paysage du Grésivaudan avant le milieu du XIXe siècle. Cette planche lithographique de l’artiste grenoblois Victor Cassien (1808-1893) a été réalisée entre 1835 et 1839. On voit que l’auteur a dessiné les méandres de l’Isère, tels qu’il les voyait, et tels qu’on ne les verra plus. L’endiguement de l’Isère débuta quelques années après la réalisation de cette lithographie, en 1846. Au fond, les Bauges, à droite la chaîne de Belledonne. Gravure extraite du recueil de dessins Les albums du Dauphiné, imprimés à partir de 1835 chez Prudhomme, imprimeur et libraire grenoblois.

La banquette du Saint-Eynard, au-dessus des communes de Saint-Ismier, Biviers, Montbonnot et Meylan.

Sur cette photographie, la ville semble partir à l’assaut de la montagne.

On ne peut oublier que les hauts bassins versants sont les premiers producteurs de la ressource en eau… Ici le grand Pic de Belledonne.

Damier des maraîchages en bas Grésivaudan.

Sur la carte de Cassini du Grésivaudan de 1733, on voit clairement les méandres d’une rivière Isère encore indomptée. BNF

Marie-France DupuisTate réside à SaintNazaire-les-Eymes. Docteur en biologie, elle fut ingénieur de recherche au Cemagref, aujourd’hui IRSTEA (Institut de Recherches Scientifiques pour l’Environnement et l’Agriculture). Elle a conduit de nombreux travaux dans le cadre de recherches-actions très engagées au service de l’intégration des valeurs environnementales et qualitatives dans l’aménagement du territoire, avec la culture du résultat. Elle a participé à l’inventaire des richesses naturelles de la France, à la mise en place et à l’aménagement de secteurs protégés dont la réserve naturelle du Luitel. Elle a conduit des recherches en matière d’ingénierie écologique et de paysagisme d’amé- nagement. Sa compétence scientifique et sa capacité à communiquer lui ont permis d’acquérir une notoriété unanime en particulier dans ses domaines d’excellence que sont la montagne, les milieux humides, les cours d’eau etc. avec un objectif clairement affiché de faire évoluer les mentalités et les pratiques dans la prise en compte des données, écologiques, paysagères, et plus globalement, environnementales, dans les problématiques d’aménagement du territoire. Elle a également donné beaucoup de son temps et de son énergie pour défendre les dossiers environnementaux sensibles à la commission des sites du département de l’Isère. Elle est co-auteur de plusieurs ouvrages avec Bernard Fischesser : Le guide illustré de l’écologie, réédité prochainement chez Delachaux et Niestlé, L’eau entre ciel et terre (Ed. La Martinière), La terre vue du ciel, de Yann Arthus-Bertrand, chapitre : l’eau patrimoine de l’humanité (Ed. La Martinière)Rivières et Paysages, éditions La Martinière. *Réactualisé pour Grésivaudan Magazine, l’article publié dans ces pages était une première fois paru, sous une autre forme, dans le bulletin 84, numéro spécial de La Lettre des Amis du Grésivaudan (2008).