L’art de vivre des Bédouins

« Epargné » par la Révolution Industrielle qui a transformé ses voisins, Domène et Villard-Bonnot, Le Versoud est resté un gros village pour le plus grand bonheur de ses habitants, appelés : les Bédouins.

«Le Versoud sort de sa coquille », dit le maire de ce gros village de 4 681 habitants, sur la rive gauche de l’Isère. Le fait est que la commune a longtemps paru comme en sommeil par rapport à ses deux voisines de Domène et de Villard-Bonnot, qui se sont fortement industrialisées dès l’avènement de la Révolution Industrielle, à partir du milieu du XIXe siècle. « Il y a eu notamment à Domène et à Lancey (un des bourgs de Villard-Bonnot), des papeteries importantes qui ont employé la main d’œuvre du Versoud. Donc le village n’a pas éprouvé, durant longtemps, la nécessité de se développer économiquement. » Le Ver- soud est en effet resté longtemps très agricole et une bonne partie de ses terres sont encore aujourd’hui dévolues à l’agriculture.
Le Versoud, c’était deux quartiers historique- ment séparés par des zones cultivées (Le Village et Pruney), qui se sont rejoints au fil du temps, grâce à une évolution démographique positive. Le village, qui ne comptait que 401 habitants en 1906 a vu sa population grimper à 1 029 habi- tants en 1946 ; en 1982 ce chiffre avait doublé et c’est à partir des années 80 qu’il n’a plus cessé de croître pour se stabiliser à près de 4 700 Bé- douins.
Le Versoud n’a pas rattrapé son « retard indus- triel », mais les Bédouins ne s’en plaignent pas nécessairement. La commune a « donné » ses femmes et ses hommes à l’industrie mais a conservé sa terre. De fait elle a protégé son cadre de vie, un certain art de vivre qui a attiré des couples, des familles souhaitant s’installer sur la rive gauche ensoleillée de l’Isère.
Structurellement le village est adossé au pié- mont de Belledonne et s’étend jusqu’à l’Isère et même au-delà en englobant la base de loi- sirs de Bois Français. Il est coupé en deux par la voie ferrée Grenoble-Chambéry, en amont de laquelle il est très habité (737 habitants au km2 ), tandis que l’autre moitié – la plaine (3,4 km2 ) – est déserte, essentiellement occupée par des zones agricoles, mais aussi par la zone d’activité économique de Grande Île (à Cheval sur VillardBonnot), le refuge pour animaux de l’APAGI, et l’aérodrome.

« Le Versoud est une commune où l’on vit bien. Les gens se connaissent, ont de bonnes relations. Il y a peu de tension, ni même politique. Au conseil municipal, une très grande majorité des délibérations sont votées à l’unanimité », dixit le maire, Patrick Janolin.

Des lieudits, de nombreux quartiers
Le Versoud compte un bourg et quelques lieudits : Le Pruney, Champ Lévrier, l’Etape, Roussillon, le Bois-Français. Dans les années 1950-1960 se sont construit plusieurs lotissements dont Belle Plaine et Côtes Belles. L’urbanisation est venu plus tard, dans les années 1970-1980 : plusieurs nouveaux lotissements apparaissent (Les Iris, Les Jonquilles, Les Oiseaux, Les Tonnelles, La Grande Lance, etc.) et l’on réhabi- lite le Camp de Pruney qui comptait des logements anciens et longtemps provisoires (actuellement Préfontaines, allée HectorBerlioz)… La construction à partir de la fin des années 1980 du quartier du Colombier a transformé la commune. On a construit ensuite Le Verger. Mais à le Versoud les risques naturels (inondation, ruissellement imposant des protections type bassin de rétention) limite le développement de l’urbanisation.
Le Versoud compte huit communes limitrophes : Saint-Ismier, Saint-Nazaire-les-Eymes, VillardBonnot, Montbonnot, La Combe de Lancey, Domène, Revel et Saint-Jean-le-Vieux.

XXIe siècle, Le Versoud découvre son potentiel et développe son économie
Avec le temps les choses ont évolué et l’économie de la vallée gagne enfin Le Versoud, comme par capillarité. D’abord par la création, par la commune, de la zone d’activité économique de Malvaisin (entièrement rénovée en 2017, avec 1,4 M€ d’investissement par l’intercommunalité) puis de celles de la Grande Île et du Pruney (voir encadré), par la communauté de communes Le Grésivaudan. En 2017 une nouvelle zone artisanale et industrielle (dite d’Etapes) est envisagée en face de l’actuelle Z.A. de Malvaisin. Celle-ci pourrait constituer une première implantation du high-tech sur la rive gauche de l’Isère dans le Grésivaudan (lire à ce propos notre interview de Pierre Béguery, vice-président de la communauté de communes Le Grésivaudan, chargé de l’économie, dans notre édition de novembre, rubrique L’Aventure Economique). Et pour conforter les solutions de transport alliées de l’économie, deux projets intimement liés : la création d’un demi-échangeur dit de la Bâtie sur l’A41 à Saint-Ismier (horizon 2018) et le barreau de la Grande Ile, qui reliera sur 1.7 km les zones d’activités du Pruney et de la Grande Ile à l’A41 (avec suppression du passage à niveau de Brignoud à l’horizon 2020).
Le Versoud découvre donc aujourd’hui son potentiel important, reliée qu’elle est par l’autoroute à l’agglomération grenobloise, non loin d’une gare SNCF (Lancey) et qui dispose encore d’un potentiel (limité) de développement pour l’habitat. Une commune relativement bien équipée avec deux stades sportifs, un gymnase, une médiathèque.
Le Versoud pourrait donc intéresser de grandes entreprises (Z.A. de la Grande Île) ou de petites et moyennes (sur les autres Z.A.). Leurs salariés seraient potentiellement séduits par le cadre de vie. Pour autant, le maire Patrick Janolin n’imagine pas de « boum » démographique.
L’objectif du développement économique est aussi de pouvoir proposer davantage d’emplois aux habitants de la commune.

Un aérodrome au cœur du développement de l’aviation de montagne
Il regroupe plusieurs activités : aéro-clubs, tra- vail aérien, maintenance, secours et formation et a enregistré 86 108 mouvements en 2015. Il est géré par la Chambre de commerce et d’in- dustrie de Grenoble est doté d’une piste en dur de 900 m et d’une piste en herbe. Le pre- mier atterrissage à Le Versoud a été réalisé par Albert Girard Blanc, en 1924 et l’aérodrome est depuis toujours au cœur du développe- ment de l’aviation de montagne en France, dont l’un de ses pionniers fut le célèbre Henri Giraud (qui se posa au sommet du mont Blanc et sur le mont Aiguille !). Il est aujourd’hui l’un des tout premiers aérodromes de France, avec : l’aéroclub du Dauphiné (plus de 9000 h de vol par an), l’aéroclub du Grésivaudan, le Gre- noble Vol à Voile, le Belledonne ULM, la Sécu- rité Civile, des appareils privés (avions ainsi que de nombreux ULM pendulaires et multiaxes). L’association Is’Air Promotion fédère l’ensemble des activités de la plate-forme et en assure la promotion et la défense. Proche de la base aérienne 749 Grenoble-Montbonnot et du Lycée du Grésivaudan, les lycéens disposent sur l’aérodrome de plusieurs avions et hélicoptères pour obtenir un Bac pro mention complémentaire aéronautique option avion ou hélicoptère à moteur turbine.

Une soixantaine d’emplois sur l’aérodrome
L’aérodrome de Le Versoud (voir encadré) a également un impact sur l’économie locale. Il génère aujourd’hui une soixantaine d’emplois, mais son potentiel n’est semble-t-il pas assez exploité, d’une part à cause du trafic que cela peut induire (et les nuisances inhérentes), mais aussi parce que l’actuel PLU, révisable en 2017, est très restrictif dans l’aménagement de cette zone. Actuellement, ne sont tolérées que les activités économiques liées directement ou en relation avec l’aérodrome. « Or il y a sur place des bâtiments susceptibles d’accueillir des entreprises dites de bureau. Il faudrait faire évoluer positivement cette situation », estime le maire, qui a dans ses cartons un projet intéressant le développement de l’aérodrome…

Une commune verte
L’autre potentiel de Le Versoud, c’est son envi- ronnement. Une fois la voie ferrée GrenobleChambéry franchie, nous sommes en rase campagne, ce qui offre différents espaces pour se balader, marcher, courir, faire du VTT, sur les routes, chemins et sentes agricoles, et sur la voie sur berge le long de l’Isère. Au-delà, les verdures et frondaisons du Bois Français.
En amont de la voie ferrée, on monte rapidement sur Belledonne et on se retrouve en pleine montagne. A noter qu’en raison de ses efforts pour la qualité de son environnement nocturne, la commune a été labellisée « Village une étoile 2015 ». Le label est décerné par l’Association nationale pour la protection du ciel et de l’environnement nocturnes (ANPCEN) et compte 5 échelons.

La tour d’Etapes, vestige du passé
L’histoire a laissé quelques traces à Le Versoud. Il y avait jadis dominant le village une maison forte dont il ne reste qu’une tour en ruine datée du XIIe siècle : la tour d’Etapes. Elle est accessible à 15 min à pied du centre-village. La commune a entrepris sa restauration après l’avoir acquise auprès des deux propriétaires différents. Pour la petite histoire, sachez que le dernier seigneur d’Etape fut aussi le premier maire de Le Versoud sous la Révolution.
Dans l’approche de son patrimoine, la com- mune travaille en relation avec « Versatorio – Mémoires bédouines ». Ensemble elles se sont intéressées à la restauration du lavoir du Pruney (r. Victor Hugo), à celle de l’oratoire d’Etapes et à la restauration, en 2014, d’un tableau situé dans le chœur de l’église. Cette œuvre d’Alexandre Debelle (1805-1897), dessinateur et lithographe grenoblois, représente le Christ apparaissant à Marie Madeleine. Réalisée en 1843, et présentée au salon de Paris, elle fut offerte par l’Etat à la commune de Le Versoud, en 1845. « Ainsi la mémoire collective et l’histoire locale peuvent se partager », se félicite le maire.

Et demain…
La commune projette à court terme, la reconstruction de la maison Gérard Philippe, qui abrite les restaurants scolaires de maternelles et pri- maires et accueille les membres d’associations. Sa rénovation est compliquée. Aussi sera-t-elle rasée et reconstruite. Avantage : les restaurants scolaires seront aux normes et plus grands. A l’étage les associations disposeront d’une salle polyvalente de 130 m2 .
Côté finance, à partir de 2022, la commune n’aura quasiment plus aucun emprunt en cours. Elle retrouvera une capacité d’investissement importante pour ses projets sans impact ni sur le budget communal ni sur les impôts locaux. En perspective deux projets qui peuvent sembler antinomiques et qui ne le sont pas : un nouveau cimetière et une salle des fêtes. Le cime- tière se visite le jour et les fêtes ont lieu plutôt le week-end et l’utilisation d’un parking com- mun économiserait de l’espace… Et pourquoi le financement de la salle des fêtes ne serait-il pas mutualisé avec d’autres communes ?

L’intercommunalité
Le maire se satisfait de l’émergence et du fonc- tionnement de la communauté de communes Le Grésivaudan. Le Versoud y est représentée par sa 2e adjointe, Dominique Flandin-Granget, vice-présidente chargée des Transports et des Déplacements. « Jusqu’à présent les relations humaines dans le cadre de la construction de cette intercommunalité sont bonnes. On se dit les choses, on est d’accord ou on ne l’est pas, c’est le jeu démocratique mais cela ne nous empêche pas d’aller au bout des projets utiles et nécessaires. Dans ce cadre, le transfert de compétence des communes à l’intercommunalité (l’économie, l’eau est l’assainissement…) n’est pas un problème. Nous sommes même allés plus loin puisque Le Versoud est la seule commune du Grésivaudan à avoir transféré son personnel rattaché au droit du sol et à l’urbanisme à la CCPG (Le Grésivaudan).
On ne peut rien faire isolé souligne Patrick Jano- lin. Le Barreau de la Bâtie ? La Z.A. de la Grande Île, celle du Pruney ? La piste cyclable ? Ce sont des investissements que la commune n’aurait jamais pu consentir seule », conclut le maire

 

Dans sa version « compacte », Le Versoud s’étend le long de la D523, mais son territoire est beaucoup plus aéré entre la voie ferrée et l’Isère. Ci-dessus, entre ville et champs, la Z.A. de la Grande Île. Photo prise en ULM avec Christelle Pailloux, pilote et instructrice à ALPES ULM 38.

La zone de loisirs du Bois Français, très fréquentée par les Grenoblois et gérée par le SABF (Syndicat d’Aménagement du Bois Français ), composé de communes de La Métro et de la communauté de communes du Grésivaudan

 

Rue principale du village, la D 523

Inauguration de la Z.A. du Pruney
Cette nouvelle zone d’activité a été conquise sur un ancien site industriel (annexe des pa- peteries de Lancey) réhabilité par la commu- nauté de communes Le Grésivaudan. Elle a été livrée au printemps dernier et inaugurée en décembre. D’une superficie de 10,6 hectares dont 4 hectares mis en vente, la zone du Pruney a été aménagée pour les TPE-PME artisanales et les petites industries. Le site compte 32 lots allant de 850 m² à 2 400 m² au prix de 50 € HT/m². Dès sa commercialisation, la zone du Pruney a joui d’un certain succès auprès des entreprises. C’est le cas notamment de la société MSEI qui va démarrer la construction de son bâtiment dans les prochaines semaines. Elle fournit du service de nettoyage de locaux professionnels. Elle compte 76 salariés dont 11 seront affectés sur la zone. Elle prévoit de créer 2 à 3 emplois supplémentaires dans les 3 ans. En novembre c’est la société Serial Kombi spécialisée dans la fourniture de pièces détachées et d’accessoires pour le camping et les véhicules combi qui s’était déjà installée au Pruney. L’investissement de la requalification s’élève à plus de 6 M€. Une opération déficitaire de 2 M€ pour l’intercommunalité mais qui répond à la volonté forte du territoire de requalifier ses friches industrielles et de favoriser l’installation d’entreprises en préservant le foncier en réserve.

66 ans, professeur retraité. Il est marié à Corinne, encadrante technique d’assistantes sociales à la caserne militaire de l’Alma (Grenoble) et père de deux enfants : Pierre-Eymeric, chercheur-enseignant à l’Ecole Centrale Paris et Yohan, consultant expert en ordonnancement informatique chez Open. Patrick Janolin est né à Villard-Bonnot en 1951, d’un père charpentier métallique origi- naire de Tencin et d’une mère née de l’autre côté de Belledonne, à Saint-Colomban-des-Villards (sous le col du Glandon), arrivée à Le Versoud à l’âge de 7 ans, en 1930. Patrick Janolin a fait des études dans le domaine technique, obtenant un Bac E (Bac S aujourd’hui), puis un BTS, puis une licence de technologie et de construction et enfin une maîtrise. De maître auxiliaire au lycée Vaucanson de Grenoble, il devient prof de dessin industriel, puis de génie optique option photonique dans les classes de BTS du lycée Argouge de Grenoble, après avoir obtenu son CAPET (certificat d’aptitude au professorat de l’enseignement technique). « Enseigner est un métier que j’ai beaucoup apprécié et dont je conserve de bons souvenirs. Il vous empêche de vieillir », dit-il.                                              Patrick Janolin s’intéresse à la vie locale alors qu’il est encore Villardien. Investi dans les activités de la maison des jeunes et de la culture de Villard-Bonnot, il en devient président. Sol- licité par le maire de l’époque, André Paret, il devient conseiller municipal, élu en 1971.                                                                                                                                        Il s’installe ensuite à Le Versoud où, en 1995, il participe à la liste de gauche d’Evelyne Fortier ; mais c’est Gérard Mollard conduisant une liste RPR-UDF qui est élu. En 2001, il participe à la liste de Daniel Charbonnel (PS), qui est élu maire de Le Versoud. Patrick Janolin devient adjoint, chargé de la voirie. En 2008, au second mandat de Daniel Charbonnel, il devient 1er adjoint. En 2014, Patrick Janolin est élu maire. « C’est beau- coup d’investissement personnel, ce sont des responsabilités et c’est une grande variété de problèmes à traiter », précise-t-il tout de go. « Quand la mairie est ouverte, on répond au fonctionnement de la commune, et lorsqu’elle est fermée, on réfléchit aux solutions des problèmes généraux. A cela s’ajoute l’implication dans une intercommunalité de plus en plus importante, qui acquiert de nouvelles compétences et qu’il faut continuer à construire… » Patrick Janolin se définit comme un homme de gauche mais il n’a jamais été encarté. Et comment définit-il la gauche ? « C’est surtout un partage des fruits du travail. Si l’on demande des efforts, il faut qu’il y ait une contrepartie. Si la contrepartie n’est pas là, il faut se mobiliser pour l’obtenir. » En cela, il déplore qu’il n’y ait pas en France davantage de cogestion dans le partage des objectifs. Homme de gauche, il n’a pas participé aux primaires des présidentielles, conservant une certaine neutralité dans le débat.                                                           Un regard à 360° dans le bureau du maire nous montre une décoration pour le moins austère : au mur, d’antédiluviens remerciements d’une école québécoise après un accueil d’enfants canadiens à Le Versoud ; là, le cliché d’un port que l’on ne parvient pas à identifier ; ici punaisé et peu disert un morceau de ruban tricolore, « qui date de l’inauguration du stade Philippe Agud », précise le maire. Sur le dernier mur, un plan du nouveau réseau de transport GR4 du Grésivaudan. « Ça, c’est l’actualité » souligne-t-il. Puis il enchaîne : « Oui, la déco est représentative de ce qui se passe ici : les maires sont là pour bosser… »                                                                                                                         Comment voyez-vous Le Versoud en 2040, lui demande-t-on ? Il réfléchit, puis répond… « Comme beaucoup de communes du Grésivaudan, Le Versoud est vigilant à l’égard des risques naturels (inondations, ruissellements…) ce qui limite l’implantation immobilière et donc la démographie. Le point positif est que le village ne deviendra certainement pas une ville, il ne dépassera pas 5 500 à 6 000 habitants grand maximum. Donc, nous serons à même de conserver un cadre de vie agréable pour les habitants, en gardant les espaces libres que nous avons aujourd’hui. Je pense que nous aurons également une plus grande proximité avec la ville avec une meilleure circulation et j’imagine qu’il n’y aura plus alors qu’un seul réseau de transport de Voiron au Grésivaudan (et non pas trois comme aujourd’hui), que l’on pourra prendre n’importe quel bus pour circuler dans ce périmètre sans se soucier de la validité de son ticket. J’imagine enfin un territoire jouissant toujours de ses activités économiques. Je suis confiant, nous avons tous les atouts, il faut y aller… »

D’où vient le bédouin ?
L’association Versatorio, dans ses écrits, tente de nous éclairer sur l’origine du gentilé (le nom des habitants d’un lieu) « Bédouin ».
Une hypothèse exotique :
En 711, Tarik Tariq ibn Ziyad, stratège militaire de l’armée omeyyade, d’origine berbère, est l’un des principaux acteurs de la conquête islamique de la péninsule ibérique. Des incursions sarrasines s’organisent également en Gaule et au milieu du VIIIe siècle, les Sarrazins s’aventurent dans les vallées alpines. Il existe dans la région des tours sarrasines, des grottes des Sarrazins qui peuvent apparaître comme des té- moignages de cette présence musulmane. Y-at-il eu un camp bédouin sur les terres du village de Le Versoud ? La population locale a-t-elle été soumise à ces peuples venus du désert ? La présence de terres très fertiles et cultivées sous la responsabilité des moines du prieuré a peut-être fourni aux Berbères les vivres nécessaires à leur razzia. Cette explication relève en grande partie de la légende et les témoignages historiques sont quasi-inexistants.
Il existerait deux autres explications possibles, avance l’association Versatorio.
Une origine géographique :
La première est proposée par l’historien domé- nois Jean Apparicio, qui se fonde sur des élé- ments de géographie. La dénomination latine de la montagne, Belladona, a peut-être connu une évolution menant vers le mot « beldonna », « bedonna » puis « bédouin ».
Un quolibet :
Gilbert Coffano, historien régional, donne une explication qui s’appuie sur le dépouillement des registres départementaux du XIXe siècle. Voici ce qu’il a pu dire : « Il nous paraît plus plausible que le mot Bédouin soit à l’origine d’un de ces traditionnels quolibets que les habitants de nombreux villages se donnaient naguère. Plusieurs exemples pourraient confirmer cette suggestion, notamment avec les villages du Balcon de Belledonne. »
Les habitants de Theys, se dénomment officiellement les Teyssinois, mais les villages riverains les avaient jadis baptisés les « Tarins ». Les habitants de Revel sont les Revellois, dit aussi les « Cocoïards ». Les habitants de Saint-Jean-LeVieux s’appellent les Saint-Jeantets. Mais pour les autres villages c’étaient les « Jactous ». Les gens de Saint-Mury-Monteymond sont dénommés les « Chamois » ! Ceux d’Hurtières les « Pé- tarots », et ceux des Adrets les « Campanis »… Ces quolibets laissent transparaître une pointe d’humour, ils font partie de notre patrimoine collectif.
Oui, mais d’où viendrait Bédouin dans tout ça ? « L’hypothèse d’un éventuel quolibet lancé verbalement aux Versoudais lors de matchs sportifs houleux perpétrés au XIXe siècle, nous semble plus vraisemblable quant à l’origine de cette énigmatique appellation Bédouine », sug- gère avec humour Gilbert Cof- fano. Mais ceci n’est bien évi- demment qu’un point de vue. Alors le mystère des Bédouins du Grésivaudan restera entier…
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Le Crapahut des Bédouins, la nouvelle course pédestre nature du Versoud.
Le club de course du Versoud (Grési’courant) organise la 2e édition du trail Le Crapahut des Bé- douins, le dimanche 12 mars. Le P’tit Crapahut des Bédouins mesure 12km de long pour 675 m de dénivelé positif et le Crapahut des Bédouins mesure 18km de long pour 900 m de dénivelé positive. Pour joindre le club et participer : gresicourant@gmail.com ou sur facebook.