Janvier en rouge et blanc

Janvier en rouge et blanc

Des fructifications décoratives pour dissiper la grisaille hivernale

Comme chaque hiver, le jardin est encore vivant grâce aux couleurs apportées par certaines écorces d’arbres, des fruits et bien sûr quelques floraisons hivernales principalement présentes chez les arbustes. Parmi les nombreux fruits décoratifs rouges, je vous propose un regard sur les baies de houx, les arilles d’Ifs, et les baies en grappe du bambou sacré. Enfin, côté blanc, le gui bien que plante parasite par excellence fait partie de la symbo-lique du jour de l’an avec ses pseu- do-baies blanches originales.
Pour les ifs et les houx, la fructification reste aléatoire puisque les plants sont souvent monoïques, c’est-à-dire fleurs mâles et femelles sur pieds séparés d’où l’intérêt d’acheter des sujets greffés avec une certitude sur leur sexe, pas d’hermaphrodites hélas pour ces derniers végétaux.
Point commun de toutes ces plantes : leur toxicité plus ou moins grande. Prudence donc avec les enfants : le fruit du gui, bien que non toxique peut entraîner quelques problèmes digestifs et le houx dont plusieurs fruits ingérés représentent un danger. Tous les houx sont d’ailleurs chargés en substances toxiques ou excitantes comme le bien connu ilex paraguariensis, riche en caféine et utilisé pour le Maté en Amérique du Sud. Quant à l’if, tout est toxique, même mortel pour les animaux herbivores sauf l’enveloppe rouge qui entoure une graine très chargée en taxine, un puissant alcaloïde. Le nandina contient de l’acide cyanhydrique et les graines de la nandinine. Par contre, tous ces fruits ne sont pas dangereux pour les oiseaux qui ne les consomment pas ou attendent un effet du gel efficace avant de les manger. Ces végétaux restent malgré tout une richesse ornementale pour les jardins, de nombreux cultivars étoffent la gamme des plantes persistantes utilisables : formes naines, feuillages panachés ou colorés, piquants ou non. La palme du choix revient au houx, y compris pour le remplacement des buis de bordures menacés par la pyrale avec ilex crenata « helleri » au petit feuillage lisse. Enfin, je vous recommande vivement le nandina domestica (bambou céleste ou sacré) de la famille des berberidacées, sans aucun lien avec les bambous envahissants : floraison blanche, fructification très décorative et durable, feuillage léger, il trouvera toute sa place au sein des haies mixtes. Plante sacrée en Asie, il résiste très bien sous le climat du Grésivaudan avec une exposition mi-ombre de préférence.

La plante du mois : le rosier mutabilis
Ce rosier, vraiment exceptionnel, produit des roses simples, très abondantes, de mai à décembre presque sans interruption. Les couleurs sont de plus variables sur un même pied, et souvent sur la même fleur : du rose au saumon. Ce rosier rustique se développe très bien pour atteindre rapidement la hauteur de 1,50m. Je vous conseille donc de l’employer en priorité pour des haies mais il sera aussi parfait dans un groupement de rosiers arbustifs.

Eloge de la corne broyée, un fertilisant organique
Tous les végétaux ligneux nécessitent un apport de fertilisant lors de leur plantation, principalement dans les terrains difficiles des coteaux de Chartreuse. La corne broyée est un fertilisant organique très intéressant grâce à la libération lente de son composé principal : l’Azote (N). Obtenu à partir de cornes et d’ongles animaux, ce produit organique peut s’utiliser bien mélangé à la terre dans le trou de plantation. Plus il est grossier, plus sa durée de libération sera lente. Relativement riche en azote (13% en moyenne) il ne posera pas de problème de brûlures pour les racines. Je préconise un apport d’environ 100 grammes pour un arbuste ou un jeune arbre, c’est-à-dire une bonne poignée et ceci afin de donner un « coup de fouet » à la plante. Vous trouverez aussi cet engrais sous la forme de corne torréfiée mais elle sera plus rapidement dégradée dans le sol, à réserver donc pour les plantations printanières.

La question de la fidèle lectrice : Marie-Anne de Lancey se demande pourquoi ses roses de Noël ne fleurissent plus en Décembre comme par le passé.
En fait, le changement climatique a complètement décalé certaines floraisons et notamment les floraisons hivernales d’helleborus niger qui fleurissent maintenant vers le milieu de l’hiver dans les jardins de plaine. Vous trouverez cependant chez les fleuristes des roses de Noël qui ont été « programmées » pour fleurir lors des fêtes de fin d’année grâce à des températures de culture adaptées mais il n’est pas certain que la date de floraison soit toujours régulière une fois en place dans votre jardin.
Bonne année 2017 à tous les amateurs de jardin !
C.S.

 

 

Gui, plante parasite

Fruits sur if femelle Ph. D. Descouens

Fruits sur houx femelle Ph. Tintin.DD

Nandina domestica sous le gel en Décembre – Photo Abaca-Végétal

Rosa mutabilis en Décembre. Photo Abaca-Végétal