C’est l’été, économisez l’eau !


Avec les changements climatiques qui se confirment, les besoins en eau pour les plantes cultivées vont s’accentuer, le choix d’espèces plus résistantes à la sécheresse va de plus en plus s’imposer et les plantations estivales devront être encore plus soignées.


Plantes fleuries en pot : une attention particulière lors de la plantation estivale
De magnifiques plantes fleuries, vivaces ou annuelles, vous attendent chez les horticulteurs et dans les jardineries avec leur floraison abondante et très attirante. Mais une fois plantés ces végétaux manqueront bien souvent d’eau, il vous faudra donc les surveiller particulièrement. En conteneur leur système racinaire concentré dans la motte exigera que les racines denses se développent rapidement pour chercher l’eau du sol en profondeur afin d’assurer une autonomie nécessaire. Lors de ces plantations souvent tardives, je vous recommande de ne pas casser la motte, de ne pas toucher au système racinaire même pour un « déchignonage » en général conseillé à d’autres périodes. De plus, un apport de terreau autour de la motte est utile pour conserver l’humidité indispensable au développement des racines. C’est cette partie qui mérite un tassement ferme pour bien mettre en contact terreau et racines car bien souvent, à cette époque et à cause de la chaleur, la terre se rétracte et un espace d’air trop important favorise alors le dessèchement de la motte. Je vous conseille surtout de positionner le haut de la motte à quelques centimètres en dessous du niveau du sol, en la recouvrant d’un peu de terreau. Vous éviterez ainsi le fameux « effet mèche » qui assèche rapidement la motte de bas en haut. Il sera peu aisé ensuite d’inverser un phénomène accentué par des mélanges terreux difficiles à réhumecter. Je vous incite à limiter ces incidents en arrosant régulièrement bien sûr, principalement juste après la plantation pour améliorer ce contact terre/motte, mais aussi et surtout en limitant l’évaporation du sol par une couverture organique appelée encore « paillage », appellation générique en rapport avec une technique ancienne consistant à épandre de la paille sur le sol.

Choix des paillages
De la qualité du paillage va dépendre la rétention en eau mais aussi la croissance de la plante. Je vous invite à utiliser des paillages grossiers qui laisseront facilement passer air et eau comme l’écorce de pin sur une épaisseur de 15 cm, tout en limitant les plantes adventices indésirables. D’autres comme la paille ou le foin, moins asphyxiants que l’herbe fraîche à prohiber, peuvent s’utiliser sous-abri avec un système d’irrigation goutte-à-goutte par exemple car ils resteront secs et moins compacts. Mais, attention ils abritent facilement des rongeurs de racines comme le campagnol. Enfin, dans tous les cas, il faudra laisser la base de la plante dégagée afin d’éviter la pourriture et augmenter l’apport d’azote lors de la fertilisation. En effet, tous les paillages organiques consomment plus ou moins de l’azote au détriment de la plante lors de leur décomposition.

Les plantes du mois

Les végétaux aromatiques, incontournables plantes estivales.
Il est difficile ici de toutes les citer mais au détour des chemins vous pourrez facilement rencontrer et récolter le sauvage serpolet (Thymus serpillum), mais aussi la menthe des champs (Mentha arvensis). A partir de ces espèces présentes en milieux naturels, des déclinaisons horticoles sont proposées, comme le thym citron (Thymus x citriodorus) ou les nombreuses espèces de menthe. A côté de ces aromatiques vivaces, vous trouverez des plantes annuelles comme le basilic (ocimum basilicum) et ses variantes : basilic à petites feuilles, basilic pourpre, basilic anis, cannelle, thaï ou encore réglisse. Attention cependant à le consommer avec modération, le basilic est après le thé, la plante comestible avec la plus forte teneur en aluminium.

Lauriers : apprendre aux enfants à s’en méfier.
En dehors du laurier sauce (Laurus nobilis) la plupart des nombreuses plantes baptisées par ce nom commun contiennent des substances toxiques voire mortelles dans toute ou partie de la plante. Leurs fruits ressemblant souvent aux cerises sont attirants pour les enfants et doivent être distingués des véritables cerises comestibles. La palme de la toxicité revient au magnifique laurier rose dont feuilles, fleurs, rameaux et fruits contiennent une substance cardiotoxique proche de la digitaline. La reconnaissance des plantes s’impose ici pour bien choisir les feuilles du vrai laurier sauce dans vos plats cuisinés ou encore couronner la tête de nos bacheliers lauréats!

Un végétal original : le casseiller
Hybride entre un cassissier et un groseiller, le casseiller est un heureux mélange gustatif de ces deux plantes. Il demande peu d’entretien et produit une quantité importante de fruits, de quoi faire le bonheur des amateurs de confitures ou de gelées !

Bel été et à bientôt !

Casseiller

Thymus serpillum. Illustration Irene Hawkins in Wild Flowers of the Chalk. King Penguin No. 37, de John Gilmour, publié en 1947

Laurus nobilis : laurier sauce en fleurs

Lychnis coronaria, Silène ou Coquelourde des jardins. Gros plan sur la fleur, qui pousse en touffes. Ph. JJ HARRISON

Paillage sur un pied de tomate